Le Sentier des Justes en Christ

Le Sentier des Justes en Christ

LE PERSONNAGE DE MARIE (Maryem) DANS LE CORAN

MARIE (Maryem)


C’est exactement la même chose qui s'est passée dans son cas. Tout ce qui est dit sur le thème marial dans les Actes de l'Islam prête à la plus grande confusion, et ceci altère le message chrétien en le dénaturant au possible.

Lisons d'abord les textes de la sourate 19 :
« Et mentionne dans le livre de Marie, quand elle se retira de ses parents du côté de l'Orient. Elle se sépara d'eux ; et nous lui envoyâmes notre Esprit et il se présenta à elle sous la forme d'un homme accompli. Je me réfugie dans le Miséricordieux à cause de toi, Puisses-tu craindre Dieu ! Je ne suis que l'envoyé de ton Seigneur pour te donner un fils pur. Comment pourrais-je avoir un fils" (demanda-t-elle) "alors qu'aucun homme ne m'a touchée et je ne suis pas une prostituée. Ainsi sera-t-il c'est ainsi qu'a parlé ton Seigneur. Cela est facile pour moi et nous ferons certes de lui un signe pour les hommes et (une) preuve de miséricorde de notre part : c'est affaire décrétée. »

 

Nous allons regrouper les données qui se dégagent de ce texte :

 

a/ Retraite de Marie au Temple (Versets 16-17, sourate 19).

 

Cette retraite nous est racontée avec plus de détails dans l'évangile apocryphe du pseudo Matthieu :
« Or, après neuf mois accomplis, Anna mit au monde une fille et l'appela du nom de Marie. Et lorsqu'elle l'eut sevrée la troisième année, Joachim et sa femme Anne s'en allèrent ensemble au Temple du Seigneur ; ils présentèrent leur petite fille Marie pour qu'elle habitât avec les vierges qui passaient le jour et la nuit à louer Dieu. Lorsqu'elle eut été placée dans le Temple du Seigneur, elle gravit les quinze marches en courant, sans regarder en arrière et sans demander ses parents, et ce fait frappa tout le monde d'étonnement. Au point que les frères du Temple eux-mêmes étaient dans l'admiration. »

 

b) L’Annonciation (Sourates 19/16-22).

  

L’Annonciation peut se décomposer en plusieurs tableaux :
C’est d'abord l'apparition d'un esprit sous la forme d'un homme parfait ; puis la crainte de marie devant cet homme ; enfin le dialogue entre Marie et l'émissaire de Dieu. En lisant le pseudo Coran, c'est encore à l'évangile du pseudo Matthieu que nous pensons :
« Il se présenta un jeune homme dont on n'avait pu décrire la beauté. Marie, en le voyant, fut saisie d'effroi et se  mit à trembler. Il lui dit : Ne crains rien, Marie, tu as trouvé grâce auprès de moi. Et Marie devint enceinte sans le secours d'un homme, et les générations la connaîtront comme la Vierge Marie. »

 

Les sources chrétiennes des textes présentés dans le livre des Actes de l'Islam se trouvent dans les évangiles apocryphes :
1/ « l'Evangile » écrit en arabe,
2/ l'Evangile du pseudo Matthieu en araméen,
3/ Le Protévangile de Jacques en hébreu.

 

En reprenant la lecture du pseudo Coran, on remarque qu'il n'y a aucune identité commune entre Marie, fille d'Anne et de Joachim, et la Marie des Actes de l'Islam. D'après le scribe, Marie serait la soeur d'Aaron et de Moïse :
« Oh ! Soeur d'Aaron, ton père n'était pas un père indigne. Ni ta mère une prostituée. » (Sourate 19/28).

 

Serions-nous en présence d'une mauvaise transcription des révélations dictées à Mahomet ? Eh bien non ! Il n'y a pas d'erreur de transcription. Pour l'instructeur, Marie mère de Jésus est vraiment la soeur de Moïse et d'Aaron; du moins affecte-t-il de le croire. Est-ce volontairement ou par ignorance ? Il semble bien que cette généalogie fantaisiste soit préméditée.

Dans la Bible, le père de Moïse est appelé Amram, fils de Quehat, de la tribu de Lévi (Exode 6/18-19). Amram épouse Yokébed, sa tante, dont il eut trois enfants : Myriam, Aaron et Moïse. Dans la sourate 19/28, en identifiant Marie mère de Jésus avec la soeur d'Aaron, le scribe entendait faire de la fille d'Amram et la soeur de Moïse :
« Oh ! Soeur d'Aaron ! Ton père n'était pas un père indigne, ni ta mère une prostituée. » (Sourate 19/28).

 

L’expression Marie soeur d'Aaron n'est pas une formule oratoire ou historique. La preuve que le texte n'est ni symbolique ni fortuit, c'est qu'il n'est pas unique dans le pseudo Coran. L'expression soeur d'Aaron s'y trouve comme synonyme de fille d'Amram, père de Moïse et d'Aaron. Marie est vraiment présentée non comme la fille de Joachim, comme le scribe aurait pu le relever dans l'Evangile de l'enfance, mais comme fille d'Amram :
« Dieu a choisi Adam, Noé, la famille d'Abraham et la famille d'Imran sur tout le monde en tant que descendants les uns des autres. Dieu entend et sait tout. (Rappelle-toi) quand la femme d'Imran dit : Seigneur, je te voue, comme t'étant dévolu, ce qui est dans mon ventre ! Accepte-le de moi! En vérité, tu entends et tu sais tout ! Quand elle eut accouché (la femme d'Imran) s'écria : Seigneur, j'ai mis au monde une fille. Zacharie se chargea d'elle. Or, chaque fois que celui-ci entrait auprès d'elle dans le sanctuaire, il trouvait auprès d'elle une subsistance nécessaire. Oh ! Marie, demanda-t-il un jour, comment as-tu ceci ? » (Sourate 3).

 

Dans ce texte, Marie est désignée réellement comme fille de la femme d'Amram. Il n'est plus question d'Anne. Quant à Zacharie, il n'est plus le père de Marie (mère de Jésus), celui qui est ainsi nommé dans les évangiles apocryphes, mais en quelque sorte son protecteur. On ignore d'ailleurs d'où il arrive. Il est cité sans être présenté. 

 

C’est toujours comme femme d'Imran que la mère de Jésus est désignée dans la sourate 66/12 : « Il a proposé ainsi l'exemple de Marie, fille d'Imran, qui se garda vierge. »

 

La confusion entre Marie mère de Jésus et Marie soeur d'Aaron et de Moïse n'est pas un cas isolé dans la sourate 19. Ce texte, pour un historien, appelle de très sérieuses réserves sur la justesse de ces propos. MARIE, SOEUR D'AARON ET DE MOÏSE... MÈRE DE JESUS ! (Sourates 19/28 ; 66/12 ; 3/30-31)... VOILÀ UNE ERREUR CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE SANS COMMUNE MESURE !!!


Tous ceux qui ont lu le Coran et le Livre de La Nouvelle Alliance (Nouveau Testament) savent que ces deux livres ne parlent pas le même langage. Il suffit, pour s'en convaincre, de mettre en parallèle les schémas principaux des deux croyances :


DIFFERENCES ENTRE EVANGILES ET ISLAM.jpg

 

Regroupons nos textes en les analysant :
Marie ; ce nom figure dans les Actes de l’Islam dans les passages suivants ;
Sourate 19/16 : « Et dans l’Ecriture, mentionne marie quand elle se retira de sa famille en un lieu oriental. » (12)

 

Il est aussi parlé de Marie dans les sourates 19, 21, 23, (Sourates mecquoises), et dans les sourates médinoises : 3,4, 5, 66.
Sourate 19 :
« Marie vint donc vers les siens en portant l'enfant : O Marie dirent-ils, tu as accompli une chose monstrueuse ! O soeur d'Aaron, ton père n'était pas un indigne ni ta mère une prostituée ! »

 

(12) La retraite de Marie au temple est célébrée par la liturgie grecque byzantine des vêpres de l’Avent selon le proto-évangile apocryphe de Jacques.

 

D’après ce texte, Marie est mère de Jésus et soeur d'Aaron. Faut-il prendre à la lettre ces qualificatifs ? On pourrait imaginer que l'expression « soeur d'Aaron » n'a qu'une signification typologique, comme on dirait « fille de David ».
Ce n'est pas possible comme nous le verrons par la suite.


Sourate 3/34 :
« Dieu a choisi Adam, Noé et la famille d'Imran, sur le monde, en tant que descendants les uns des autres. Dieu entend (tout) et connaît tout. »

 

Dans ce verset, l'histoire du monde est retracée jusqu'à Moïse. Tout le monde a entendu parler d'Adam, de Noé et d'Abraham, mais Imran est quasiment inconnu. Il faut bien connaître les générations bibliques pour savoir qui était Imran (En hébreu : Amram). Dans le Pentateuque (Torah), il est écrit qu'Amram était fils de Quehat de la tribu de
Levi (Exode 6/18-19) ; Amram épousa Yokébed, sa tante (Verset 23), également fille de Lévi (Nombres 26/59). Il naquit de cette union trois enfants : une fille prénommée Marie, ensuite Aaron et puis Moïse.

 

Donc dans les Actes de l'Islam (Sourate 3/31), nous savons exactement de quels personnages il est question :
« (Rappelle) Quand la femme d'Imran dit : « Seigneur ! Je te le voue, comme (T')étant dévolu, ce qui est dans mon ventre. Accepte-le de moi ! En vérité, tu entends et tu connais tout ! Quand elle eut mis au monde, l'enfant mâle n'est pas comme une fille. Je la nomme Marie. Je la mets sous ta protection, ainsi que sa descendance, contre le démon, le lapidé. » (13)

 

La femme d'Imran, Yokébed, constate qu'elle est enceinte ; avant même de mettre au monde l'enfant, elle le voue au Seigneur. Cet enfant est une fille ; Yokébed la nomme Marie. Puis de façon invraisemblable, cette Marie devient mère de Jésus !... ENTRE CETTE MARIE SOEUR DE MOÏSE ET MARIE MÈRE DE JESUS, NOUS FRANCHISSONS SUBITEMENT TRENTE-TROIS GENERATIONS !!!

 

Donc oublions l'expression « Marie, ô soeur d'Aaron »... Il n'y a pas d'erreur de transcription dans le texte de la sourate 19/29 ; cette expression prétend avoir une valeur historique. Or nous ne voyons aucune justification à cette hypothèse.

 

Cette sourate 19 se trouve parfaitement confirmée par la sourate 3 (Médinoise). Entre Médine et la Mecque, il y a véritablement identité d'intention. Si l'auteur entend bien parler de Marie mère de Jésus, c'est par obligation. La Marie des sourates de Médine est encore « moins » chrétienne, ou mieux, plus anti-chrétienne que la Marie de la Mecque.

 

Une fois encore, dans une des dernières sourates de Médine, le rabbin reviendra sur la généalogie mosaïque de Marie ; il s'agit de la sourate 66.

 

(13)Le démon lapidé (rajim), démon qui est déjà mentionné dans la sourate 15/17 de la seconde période mecquoise ; « Certes, nous avons placé dans le ciel des constellations, nous l'avons paré pour eux qui regardent et nous l'avons protégé contre tout démon maudit, contre tout démon lapidé. »
- « Nous avons paré le ciel le plus proche d'un ornement, les autres, en protection contre tout démon rebelle. » Sourate 37/6-7.- « Le démon est ennemi du craignant Dieu, tentateur d'Adam et le rôle d'Ibliss, le maudit, le « lapidé », est de s'opposer à la lumière. Il faut chercher refuge contre le (rajim) en Dieu. Le rajim n'a aucun pouvoir contre ceux qui craignent et s'appuient sur leur Seigneur. » (Sourates 16/100 ; 51/50-51 ;11/49)
Le « démon lapidé » -Ibliss- se refusa à honorer Adam (Sourate 15/26), cette croyance provient d'une tradition copte d'après un récit du cinquième siècle intitulé : « La vie d'Adam et d'Ève. »

 

c/ La vertu de Marie.

 

Voici quelques exemples féminins à propos de la vertu -par rapport à ce qui nous est dit de la vertu de Marie, l'instructeur nous présente différentes femmes mentionnées dans le Coran original (Pentateuque ou Torah) et dans les commentaires rabbiniques.
Sourate 66/10-11 : « Dieu a proposé un exemple à ceux qui sont infidèles : la femme de Noé et la femme de Loth. Elles étaient sous (l'autorité de) nos saints serviteurs ;; elles trahirent et (cela) ne leur servit en rien contre Dieu et il leur fut crié : « Entrez dans le feu avec ceux qui doivent y entrer. Dieu a proposé (aussi) un exemple à ceux qui croient : la femme de Pharaon, quand elle s'écria : « Seigneur, construis-nous, auprès de toi, une demeure dans le jardin ! Sauve-moi de Pharaon et de ses oeuvres ! Sauve-moi du peuple des injustes ! »

 

Il s'agit tout d'abord de deux femmes qui auraient transgressé les lois de Dieu en désobéissant à leur maris. Signalons que Noé et Loth sont très antérieurs à Moïse. Noé aurait puni sa femme en la jetant dans le feu ; cet aspect de Noé est très étrange et ne correspond à rien dans la Bible.

 

Quant à la femme de Loth, elle fut punie de son attachement à Sodome et Gomorrhe (Genèse 19/17-26).

 

Dans les Actes de l'Islam, il en est parlé dans les sourates de la seconde période mecquoise : 37/133 ; 26/170 ; 15/60; 27/55 et de la troisième période : 11/83 ; 29/30-32 ; 7/81-82.

 

Comme exemple de fidélité, nous avons deux cas, et tout d'abord la femme de Pharaon, comme nous l'avons vu au verset 11 de la sourate 66.

 

Dans l'histoire de cette femme de Pharaon, il y a deux phases : la première est la phase de la tentation racontée dans la Genèse (39/7-20), à cette différence que, dans la Genèse il s'agit de la femme de Potifar, un intendant de Pharaon. Cette histoire est relatée dans la sourate mecquoise (12/21-34), complétée par des commentaires
midrashiques (commentaires rabbiniques traditionnels) ; elle se termine par le repentir de cette femme. Ce document est totalement inconnu de la Bible ; il est certainement issu d'un commentaire.
Sourate 12/51-53 : « Le roi demanda (aux femmes coupables) : « Quel était votre dessein quand vous avez tenté Joseph de vos charmes ? A Dieu ne plaise ! répondirent-elles. Nous ne lui connaissons aucune mauvaise action. Et la femme du puissant (pharaon) ajouta : Maintenant, la vérité éclate. C'est moi qui ai tenté (Joseph) de mes charmes, et il est parmi les véridiques. Je dis cela pour que le roi sache que je ne le trompe pas hors de sa vue, et que Dieu ne dirige point l'artifice du trompeur. Je ne m'innocente pas en vérité ; l'âme est certes instigatrice du mal ! (Je ne désire) que la miséricorde de mon Seigneur. Mon Seigneur pardonne et il est miséricordieux. »

 

Il s'agit, dans cette sourate, de l'histoire de la femme de Pharaon et de Joseph, fils de Jacob ; ce sont les mêmes personnages désignés à Médine dans la sourate 66/11. Il ne faut pas confondre la femme de Pharaon, contemporaine de Joseph, avec celle de la sourate 28/8 car celle-ci est contemporaine de Moïse ; en effet, nous lisons au verset 8 : « La femme de Pharaon dit : Cet enfant (Moïse) sera fraîcheur de l'oeil pour moi. Ne le tue pas ! Peut-être nous sera-t-il utile ou le prendrons-nous comme enfant. Ils ne pressentaient rien. »


Comparez ce texte avec Exode, chapitre 2, versets 1 à 11 dans la Bible.

 

La seconde femme citée comme exemple de fidélité n'est autre que Marie que l'instructeur présente à ses auditeurs ignorants comme la fille d'Imran. Tout comme il l'avait déjà fait à la Mecque (Sourate 19/29). Ces dires sont rejetés à Médine (Sourate 3/31).

 

Après ces précisions apportées sur la vertu, revenons plus particulièrement à l'annonciation.

 

 

 

 



29/03/2016
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